Ushuaia : Canal de Beagle, Presidio et castors

Réveil à 7h30 ce matin. Nous déjeunons et partons vitesse rejoindre à pied le port touristique. Nous avons rendez-vous à 8h30 pour un départ à 9h00 et nous sommes en retard.

Notre discussion la veille au soir avec Solange nous a fait douter sur notre choix et nous souhaitons donc consulter une autre agence possédant un plus petit bateau. La première que nous visitons nous annonce que le port est fermé car il y a trop de vent. Pas de sortie ce matin. C’est la poisse. Nous nous rendons chez Catamaranes Canoero, qui sortent bien sur le canal ce matin avec leur gros bateau, mais font l’excursion de base sans pousser jusqu’à l’estancia Harberton. Nous consultons d’autres compagnies, même constat. Nous étions indécis, les éléments ont choisi à notre place. Nous achetons nos billets à la dernière minute chez Catamaranes Canoero pour la sortie de 9h qui nous fera visiter l’archipel Bridges (île aux oiseaux, île aux lions de mer), et le phare des éclaireurs.

Nous embarquons immédiatement.P1310449 La cabine inférieure étant complète, l’équipage nous accompagne dans la cabine supérieure VIP, directement installée dans la passerelle de commandement du bateau.

Nous nous éloignons de la ville d’Ushuaia et avons une très jolie vue sur les montagnes qui l’entourent.P1310499DSC04810Notre première visite est une colonie de cormorans postés sur une île directement à la sortie de la baie d’Ushuaia. P1310519DSC04827P1310557P1310569Ensuite, nous nous rendons devant une autre colonie de cormorans impériaux, plus impressionnante, où cette fois ils nidifient.P1310574P1310583P1310589P1310609

Nous naviguons ensuite en direction du phare des éclaireurs. P1310625Juste avant se trouve une petite colonie de lions de mer (des otaries). Le mal dominant, imposant avec sa crinière, est perché au sommet, la tête en l’air.P1310672P1310688P1310696P1310701 Le vent est relativement fort, et nous sommes impressionné par les manœuvres de capitaine entre ces îlots traîtres.

Nous découvrons enfin le célèbre phare des éclaireurs, emblème de la ville qui trône sur toutes les cartes postales. La vue est splendide avec les montagnes enneigées en arrière plan.P1310747

P1310758P1310761Nous revenons vers Ushuaia avec cette fois le vent de face. Notre bateau bouge pas mal. Nous revenons vers l’archipel Bridge pour faire escale sur l’une des îles. Notre gros catamaran accoste directement sur la plage, l’avant frottant sur les graviers. Nous avons l’impression d’être échoué. Nous rejoignons à pied un mirador qui offre un joli panorama sur la ville et le canal.P1310770P1310779P1310790P1310794P1310801P1310811P1310815P1310827P1310834

Notre excursion s’achève, nous rentrons à Ushuaia. Il est environ 13h. Nous nous rendons à l’office du tourisme de la ville pour faire tamponner une seconde fois notre passeport. Puis nous nous rendons à l’agence Canal Fun, car notre excursion castor de 18h peut-être complétée par une rando vers une lagune en partant à 16h. Notre ballade en bateau jusqu’à l’estancia ne nous permettait initialement pas de faire la lagune et les castors. L’agence nous promet de nous envoyer un SMS dès qu’ils ont des nouvelles de la dispo du guide.

Nous rentrons à l’hôtel manger notre pizza.

Nous partons ensuite visiter le musée du Presidio. Le Presidio est un ancien pénitencier construit de 1906 a1920. Fermé en 1947, il abrite un musée. P1310864La première section est consacrée au musée maritime. De nombreuses maquettes présentent des navires célèbres : le « Trinidad » de Magellan ; le « Beagle » de Fitz Roy (accompagné de Darwin), nommé d’après la race du chien de la reine d’Angleterre, et qui donna son nom au canal de Beagle ; la « Romanche », navire d’exploration français, ou encore un brise glace qui secoure les navires en détresse en Antarctique. P1310869P1310872Il y a aussi une carte répertoriant les naufrages dans la région,  très nombreux autour de l’île des états et du cap Horn. P1310876Le cap Horn tire son nom de la ville natale des navigateurs hollandais, Hoorn, ayant les premiers passé ce cap mythique. Il s’appelle en espagnol Cabo de Hornos, cap des fours, curieuse adaptation du nom d’origine. Plus loin, des maquettes des naufrages célèbres, ou encore une salle dédiée peuple natif Yamana. Ce peuple marin nomade vivait entièrement nu, le corps enduit d’huile, et toujours accompagné d’un feu pour se réchauffer, même sur leur canoé fait d’écorce d’arbre. Madame ramait derrière, Monsieur chassait le lion de mer avec son harpon devant, et les enfants entretenaient le feu vital au milieu. Magellan en voyant autant de feux dans la région, donna le nom de Terre de Feu à cet archipel.P1310873P1310874

Nous visitons ensuite la section pénitentiaire. La prison est construite en étoile avec un pavillon central et des ailes à 2 niveaux tout autour. Nous pénétrons dans l’une des ailes, restaurée et mise en scène avec des mannequins de prisonniers et gardiens. DSC04855P1310897P1310898Les Argentins installèrent en 1884 une première colonie pénitentiaire sur l’île des états afin d’affirmer leur souveraineté sur la région, suivant le modèle anglais en Australie et français en Nouvelle Calédonie. Cette colonie fut plus tard transféré à Ushuaia.

Les cellules retracent la vie dans la prison. Les prisonniers, soumis au travail forcé, allaient couper du bois dans la forêt. D’autres cellules racontent l’histoire de prisonniers célèbres, mis en scène avec des mannequins. « El petiso orujedo »,  avec ses oreilles décollées, est un tueur en série qui étranglait de jeunes enfants chaque fois qu’il partait chercher un emploi et se voyait refuser les postes. Un autre, pris en photo à l’âge de 35 ans, présente un vieillissement prématuré impressionant, à cause des conditions de vie difficiles.P1310904P1310905 Notre visite s’achève avec la visite de l’aile 1, construite en 1902, non restaurée et laissée en l’état, pour mieux s’imaginer les conditions de vie.DSC04857

L’agence nous a envoyé un texto pour confirmer notre excursion à 16h. Nous partons au pas de course à l’agence. Notre guide Nicolás nous conduit en 4×4 en direction de la Laguna Esmeralda. Nous faisons un arrêt en route à un mirador pour admirer une ancienne vallée glaciaire aujourd’hui occupée par une tourbière (un écosystème de mousses épaisses).P1310919 Nous rejoignons le début du sentier. Nous marchons une bonne heure et demi, alternant entre tourbière et forêt de Lenga, en suivant un cours d’eau encombré de barrages de castors. Ceux-ci, nocturnes, ne sont pas encore de sortie. Nous les observerons au retour.P1310926DSC04862P1310934P1310936P1310941

Nous arrivons à la lagune Esmeralda, avec son eau couleur émeraude. Mais le ciel est couvert et les couleurs ne ressortent pas vraiment. DSC04870_DSC9036P1310951Nous prenons un café préparé par notre guide puis redescendons pour l’observation des castors. 25 couples de castors Canadiens ont été introduit en 1946 par les militaires argentins pour développer une activité économique avec leur fourrure. Cela s’est soldé par une catastrophe écologique car il y a aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de castors qui, sans prédateurs, ravagent les forêts et cours d’eau de la région.

Nous arrivons à un premier barrage, mais aucun castor ne montre le bout de son nez. DSC04873Nous remontons la rivière vers un 2e barrage, puis un 3e. Toujours rien. Tout à coup, notre guide nous indique une silhouette massive, que nous prenons pour un rocher avec Sophie. Nous sortons les jumelles, c’est un castor ! Il se déplace, plonge, ressort, nage un peu, puis disparaît. _DSC9048_DSC9057Notre guide nous propose de prendre le chemin du retour, déjà. Nous suivons le cours d’eau, et à l’approche d’un barrage, un castor sort juste devant nous, à moins de 10m, alors que notre guide n’a rien vu. Le castor, aussi surpris que nous, s’immobilise, nous observe, puis plonge pour passer à 2m de nous en mode sous-marin dans 30cm d’eau. Il ressort plus loin et part se nourrir de feuilles sur l’autre berge. _DSC9071Nous continuons notre chemin vers un autre barrage, où nous observons cette fois 3 castors. DSC04874_DSC9083_DSC9091P1320013_DSC9095Plus loin, encore 2 de plus, qui, effrayés, font claquer leur queue avant de plonger en mise de menace et se réfugier dans leur maison._DSC9099_DSC9101_DSC9104
Les arbres autour sont dévastés. Les copeaux arrachés par les incisives des rongeurs sont impressionnant. Les souches des arbres sont taillés comme des crayons géants, tels qu’on les imagine.P1320022 Le castor se nourrit de feuilles d’arbres et d’écorces, et construit des barrages afin de former des plan d’eau au milieu desquels il pourra installer sa maison à l’abri des prédateurs.

Nous terminons notre ballade et arrivons à un refuge où nous attend notre dîner. Ce petit chalet privé, nous accueille, avec un feu de cheminée et des bougies.P1320025P1320033 Nous prenons l’apéro (saucisson, olives, fromage) et mangeons un bon guiso de lentejas (du petit salé aux lentilles, sans petit salé). En dessert, des brownies.

Notre guide nous ramène à l’hôtel. Il est 22h.

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