Ascension du volcan Villarica

Le réveil sonne à 5h50. Trop dure, nous sortons du lit à 6h20, à la bourre.
Notre hostel a préparé la veille notre petit dej, à disposition dans le couloir. Nous avalons en vitesse quelques céréales, et nous emportons des tartines pour dans le bus.

Pas de Kiki à notre sortie de l’hôtel. Cela nous rassure, il ne s’est pas trop habitué à nous, mais nous aurions bien voulu le retrouver.

Nous arrivons à l’agence à 6h50. Dernier point météo, le temps est toujours idéal.
Les sacs à dos sont déjà prêts, il ne reste plus qu’à y mettre nos affaires personnelles : pic-nic, eau, bonnet, gants, etc. À l’intérieur, des crampons, un masque à gaz pour les vapeurs toxiques du volcan, une luge-pelle, des mouffles, un surpantalon, une surveste,un « protège-fesses » pour la descente sans luge, un piolet, et un casque. Poids du sac ? 8kg environ.

Nous prenons une navette pour nous déposer au départ de l’ascension. Celle-ci emprunte la route qui mène à la petite station de ski. La route est une piste de gravier. La fin est enneigée mais notre chauffeur arrive à nous déposer le plus haut possible en roulant comme un fou.

Il est 8h15, nous mettons les sacs sur le dos (que c’est lourd !) et commençons la rando.P1230335 Nous sommes accompagnés par 3 guides, un de plus que ce que l’on nous avait dit la veille (1 guide pour 3 touristes). Alors que nous luttons avec nos sacs, des vieux Millet sans sangle thoracique, nous remarquons qu’une touriste brésilienne ne porte rien. Son mari ne semble pas porter le double, alors nous demandons aux guides comme ils font. C’est en fait le 3e guide qui fait la mule, avec un sac à dos immense de plus de 16kg, moyennant un extra. Pas de miracle.

Nous longeons l’un des télésièges à pied, marchant dans la cendre volcanique. P1230341Les chaussures l’alpinisme sont extrêmement raides et je commence à sentir des ampoules aux 2 talons.

Après une heure, nous arrivons à la fin de la remontée mécanique. P1230345Nous faisons une pause pour que je puisse mettre des pansements avant d’avoir vraiment des ampoules et j’échange le casse-croûte avec la bouteille d’eau de Sophie pour la soulager.P1230346

La suite se fera exclusivement dans la neige. P1230348La pente se durcit jusqu’à atteindre une crête ou nous faisons une pause rapide vers 11h15. Nous en profitons pour manger un bout de notre sandwich et j’allège encore le sac de Sophie en récupérant ses crampons et les bananes.P1230353P1230354P1230368P1230373

Les 2 dernières heures sont bien raides. Le guide a estimé que la neige est assez souple pour continuer sans crampons mais les choses se corsent. De la glace bleue perce sous la neige. Les appuis sont fébriles. D’autres groupes sont eux équipés de crampons et progressent facilement. Mais pas nous. Une glissade et nous pourrions partir dans la pente.

Nous arrivons malgré tout au sommet (2847m) à 13h15, après 5h de montée. La priorité est de se couvrir avec les tenues dans notre sac à dos pour ne pas attraper froid. Il doit faire 0°.

La vue est dégagée.P1230394 Le cratère est là devant nous, fumant. DSC02918P1230393P1230400Deux ans auparavant, il était possible de voir un des rares lacs de lave de la planète dans ce cratère, mais celui-ci à disparu suite à l’éruption d’un volcan voisin, qui a rééquilibré les chambres magmatiques. Il reste néanmoins impressionant. Des vapeurs toxiques s’en échappent et nous toussons de temps à autres selon le sens du vent. Nous restons au sommet une bonne demi-heure à profiter du panorama. Plus au sud, l’imposant volcan Lanín, avec ses 3776m, matérialise la frontière avec l’Argentine.P1230408P1230403

Puis vient le moment de la descente. Nous enfilons le reste de l’équipement, une protection pour les fesses en tissu, à laquelle nous accrochons une luge-pelle. P1230415Nous descendrons le volcan en luge. Les guides nous expliquent comment freiner avec le piolet. La première est tendue, glacée et très pentue. Nous descendons sans la pelle, juste sur les fesses pour ne pas aller trop vite. Mais nous prenons beaucoup de vitesse et il devient presque impossible de s’arrêter. Une touriste française devant nous se fera une frayeur.DSC02923

Autre descente à haut risque. Je prends trop de vitesse et tente le freinage neo-zélandais en me retournant sur le ventre pour planter le piolet, mais celui-ci m’échappe et se plante dans la neige. Je réussis à freiner in extremis avec les pieds et les mains, et remonte le récupérer 20m plus haut.

Au fur et à mesure que nous descendons, la neige ramollit et la pelle en plastique devient indispensable.DSC02930P1230425P1230429DSC02947

Chaque fois, un guide se poste en bas pour nous arrêter au cas où. Lors d’une descente, il nous prévient qu’une crevasse étroite barre le chemin et nous aide à nous arrêter juste avant. Rien de très impressionnant mais pas trop envie de s’y risquer quand même.

Nous avalons le denivelé en une heure. Une fois au plus bas, nous rejoignons la cendre volcanique puis rangeons tout notre matériel. Encore un peu de marche et nous retrouvons le van.

De retour à l’agence, les guides nous offrent des boissons (bière et jus d’orange) sur le toit-terrasse du bâtiment, avec vue sur le volcan.P1230433 Avec des jumelles, nous arrivons même à voir le chemin que nous avons suivi ! Nous trinquons à la réussite de cette ascension.

Nous retournons à l’hôtel prendre une bonne douche, et repartons réserver un tour pour le lendemain aux Termas Geométricas, avec l’agence Turismo Florencia, qui nous fait un bon prix (30 000 pesos / pers) car il y a déjà 4 autres personnes. Ce sera donc demain journée repos dans des sources thermales à 40°. Nous n’avons plus assez de cash pour payer le tour, nous donnons 10 000 pesos pour bloquer la réservation. Il nous reste plus grand chose pour manger, environ 12 000 pesos. Nous décidons de retourner au Jardín del Sol, le resto de la veille mais celui-ci est fermé. Nous partons au hasard trouver un autre resto pas cher, le Bambú, joliment décoré.DSC02952 Nous commandons 2 menus du jour, avec bouillon à l’eau très fade, poisson pour Sophie, poulet pour Sylvain.

Nous rentrons à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

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