Île de Pâques : plongée, Orongo et Poike

Nous nous réveillons à 8h30.

Je jette un coup d’oeil sur l’océan, il est relativement calme, ça devrait être bon pour une plongée. J’appelle le club de plongée Orca à 8h45, comme ils me l’avaient recommandé la veille. Au tel, ils me disent que y’a une sortie de prévue et qu’il faut qu’on débarque pour 9h. Ça nous laisse moins de 10min pour déjeuner et se préparer.

Nous arrivons au club en voiture. Les autres plongeurs sont déjà en combinaison. Nous nous équipons à toute vitesse : combin’ intégrale de 5mm plus haut avec cagoule de 3mm, l’eau étant à 20°C.
Il y a 2 palanquées, le groupe 1 avec Sophie et moi, et des jeunes jumelles, et le groupe 2 avec 2 autres plongeurs. Nous plongerons avec Henri Garcia, francais, une légende de la plongée. Un gars super sympa.DSC02006 Il aborde sur sa combinaison un écusson de la Calypso, c’est un ancien de l’équipe Cousteau, le dernier encore en activité. Il a découvert l’île de Pâques lors d’une expédition, il s’y est installé et fondé ce club avec son frère Michel. Le club s’appelle Orca car Henry a été le dresseur du premier orque du Marineland d’Antibes.DSC02011 Dans les bureaux du club, les souvenirs sont partout : photos, maquette de la Calypso, détendeur Mistral. Un petit musée.DSC02008
Après le briefing, nous sautons dans le bateau, une barque de pêche comme celle utilisées par les pêcheurs locaux. Nous partons plonger sur le Récif des Ancres, on y trouve 2 ancres de gallions perdues au fond, et aussi un faux vrai Moai, qui a été immergé pour les besoins d’un documentaire (pas un original).
Le récit se trouve juste à la sortie du petit port. Nous nous mettons à l’eau. Après la descente le long du mouillage, nous longeons de jolis massifs coralliens. Il y a des carangues énormes, pas farouches, des poissons trompettes, des poissons vaches et quelques poissons tropicaux.OLYMPUS DIGITAL CAMERA Le Moai immergé apparaît devant nous, imposant.4)rapa-nuiPLONGER01708 Plus loin, il y a l’ancre d’un gallion, en très bon état, mais envahie de coraux. Nous continuons à longer les massifs. Henri attrape un oursin énorme et le découpe avec son poignard pour nourrir les poissons. Les carangues se jettent dessus et dévorent même les épines avec leur mâchoires puissantes.
Une petite murène s’est cachée dans les coraux et on entrevoit sa tête. Nous apercevons aussi des tétrodons et un poisson porc épic.
Nous survolons un banc de sable pour rejoindre un autre massif corallien. Ici, en glissant les mains sous le sable, celui-ci est censé être chaud quand la mer est froide et froid quand la mer est chaude, mais cela ne se sent pas trop aujourd’hui.
Plus haut, nous apercevons une tortue, Henry accélère. Lorsqu’il arrive avec les 2 autres plongeuses, la tortue, curieuse, s’approchent d’eux et s’enfuie quand nous arrivons. Ce n’est pas la tortue qu’Henry croise habituellement ici. La « sienne », plûs grosse, avait reçue un hameçon dans l’oeil. Henry l’a opérée et soignée. La tortue a perdu son oeil mais est en bonne santé. Quand elle est là, elle suit les plongeurs et se laisse caresser la tête. Ce ne sera pas pour cette fois-ci. L’une des jumelles n’a plûs d’oxygène et nous remontons sans tarder alors que la tortue s’éloigne.
Notre plongée aura duré 40min, la profondeur maxi atteinte est de 22m.
De retour au club, une douche chaude s’impose pour se réchauffer.
Nous récupérons la vidéo que les jumelles ont faite avec leur GoPro. Nous nous apercevrons plus tard que c’est la première fois qu’elles s’en servaient. La vidéo est catastrophique, pas une image de la murène, de l’oursin, ou de la tortue. Rien sauf le plafond. On aperçoit le Moai mais rien d’exploitable.

Nous repassons à l’hôtel poser nos affaires.

Nous prenons notre 4×4 Suzuki Jimny. Nous tentons encore un arrêt chez LAN pour confirmer notre vol. Peine perdue, toujours énormément de monde qui attend. Nous passons acheter des empanadas dans la boutique à côté du mini market pour pique-niquer : une de carne mechada, une atún queso et une de carne pino. Nous y achetons aussi une tarte pommes-noix.

Ensuite, direction la grotte Ana Kai Tengata, au pied de la piste d’aéroport. Cette grotte, facile d’accès, s’ouvre directement sur la mer.P1170477 P1170483Des peintures rupestres d’hommes-oiseaux, des tangata manu, sont tracés sur la voute avec des pigments rouge, noir, et beige, en assez mauvaise état à cause de la proximité avec la mer.P1170485 Cette grotte jouait donc un rôle important dans le culte de l’homme-oiseau. Celle-ci servait aussi d’atelier de fabrication de pirogues. Le cadre est plutôt joli. Nous prolongeons sur le même sentier pour découvrir une autre grotte toute proche, plus grande mais inaccessible.P1170505
Petit détour par la boutique souvenir sur le parking : un Moai en bois sculpté nous plait bien, mais nous l’avons pas encore trop regardé ailleurs. Super sympa, le vendeur Rapanui nous propose de venir manger du poisson qu’ils sont entrain de griller sur un barbecue derrière la boutique, avec ses amis. Nous n’abusons pas plus de leur hospitalité et partons vers le volcan Rano Kau que nous avions visité en tour avec Lionel. Il est 13h, il fait un soleil magnifique.

En chemin, nous visitons le petit jardin botanique de la CONAF, qui cultive notamment quelques spécimens d’un arbuste endémique aujourd’hui éteint à l’état sauvage, le toromiro. Ils proviennent de graines trouvées sur l’île dans les années 1950, le dernier arbuste sauvage étant mort quelques temps après. Des tests en vue d’une réintroduction sont en cours.P1170509

Nous nous arrêtons dans la montée au belvedère donnant sur la ville pour y prendre quelques photos, aidés par un couple de norvégiens.P1170517
Autre arrêt un peu plus haut avec vue sur le cratère du volcan, un peu avant l’entrée du site.DSC02018

Il y a quelques jolis pétroglyphes juste devant, dont un tangata manu. P1170523

C’est l’endroit idéal pour notre picnic. Nous mangeons nos empanadas et notre tarte avec cette sublime vue. Nous ne sommes malheureusement pas tout seuls, de nombreux touristes débarquent.
Nous arrivons au village d’Orongo. Notre billet ne nous autorise qu’un seul accès, il va falloir la jouer fine pour rentrer. Nous abordons les gardiens en leur demandant une faveur, car la météo n’a pas été clémente les jours passés. Ouf, ils nous laissent entrer. Nous refaisons la visite complète avec notre livre, en prenant bien le temps de profiter et prendre des photos avec la meilleure lumière.DSC02023P1170529P1170546

Vers 16h, nous rentrons à l’hôtel prendre de l’eau. Nous empruntons une autre piste qui mène à Hanga Piko, le port principal de l’île où sont débarquées les marchandises par barges. Un resto où nous pensions manger le soir-même, le Tataku Vave, y est fléché. Nous avons trouvé ce resto sur Wikitravel. Leur spécialité est la langouste et le Rape-rape, un cigale de mer locale. Nous nous arrêtons pour nous renseigner sur la disponibilité des fameux crustacés, c’est OK ils en ont.

Juste à côté un ahu avec un unique Moai dressé, vraiment pas mal, l’Ahu Riata, restauré en 1998.P1170557

Nous remplissons notre bouteille d’eau, et partons pour une rando à l’autre bout de l’île, au volcan Poike. Nous nous garons au bout d’une piste, au pied du volcan. Il nous faut traverser un champ avec des vaches et chevaux. Nous apercevons un énorme taureau derrière la clôture. Nous nous armons de bâtons, passons les barbelés, et passons aussi loin que possible du troupeau, les animaux élevés en semi-liberté étant presque sauvages.

Nous marchons à travers champs jusqu’à la clôture suivante qui est à terre. Nous poursuivons en direction de 3 petits sommets sur le flanc nord.P1170574 Celui au bord de la falaise s’est en partie effondré. Lionel nous avait brieffé, il y a un le plus petit Moai encore dressé de l’île, 1m13 dans les parages. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, l’endroit est peu visité et rien n’est indiqué.
Nous tombons sur un ahu au bord de la falaise, à moitié écroulé, en équilibre. Il reste une tête de Moai au sol, mais pas de trace du mini Moai. P1170578

Sur le point d’abandonner, en nous retournant, nous apercevons au sommet du petit mont une silhouette.P1170585 Ça ressemble plutôt à un caillou. Je pars en éclaireur et Sophie me rejoint. C’est bien lui. Nous l’avons trouvé ! Il ne ressemble effectivement pas à grand chose, pas de visage, pas de bras.P1170586
Le soleil est sur le point de se coucher, il nous faut rentrer au plus vite. Nous rejoignons la voiture en prenant soin d’éviter le taureau qui nous observe.P1170590P1170597

Nous rentrons et faisons un arrêt chez Lionel, pas facile à trouver au fin fond d’un petit chemin, pour récupérer notre housse isotherme pour bouteille, oubliée dans sa voiture.
Nous nous rendons ensuite directement au resto Tataku Vave. La langouste demande 45 min de préparation, nous montons pour des Rape-rape. En entrée, nous partageons un ceviche de poulpe. Nos assiettes gigantesques, avec 6 crustacés chacun, et des chips de camote (patate douce), arrivent 20 min plus tard. Cassage de bide ! Le Rape-rape est aussi fin que la langouste.P1170601

Nous rentrons rassasiés à notre hôtel pour notre dernière nuit.

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