La capitale, Delhi

1er jour, le 23 janvier : visite du « Old Delhi », le Red Fort, la mosquée Jama Masjid, Chandni Chowk, et le temple Gurudwara Sis Ganj.

Nous commençons la journée tôt le matin puisque nous prenons le train pour Delhi à 7h20. Arrivée vers les 12h30 à Delhi, nous nous débrouillons seuls pour rejoindre notre hôtel.

Nous marchons d’abord 1 km avec nos gros sacs pour rejoindre le métro, en se faisant bien sûr arrêter toutes les 2 min par des rickshaws cherchant une course, mais aussi par des enfants qui nous réclament de l’argent (« give me money », « ten roupies ») ou insistent fortement pour se faire prendre en photo (et réclamer de l’argent ensuite).

Arrivés fatigués au métro, il faut monter un bon nombre de marches (maudits sacs !) pour rejoindre le guichet (le métro est aérien à cet endroit-là de Delhi). Nous achetons 2 jetons en plastiques. Pour accéder aux voies, nous devons passer un contrôle où les sacs sont scannés aux rayons X, et les voyageurs fouillés, hommes et les femmes séparément. Ça ne rigole pas.

Nous passons les tourniquets avec nos jetons, et c’est parti. Les quais sont desservis par des escalators, heureusement ! Le métro arrive de suite.

P1170720P1170721Les rames sont toutes neuves, climatisées et spacieuses. Nous rentrons dans le premier wagon devant nous, et nous nous retrouvons uniquement entourés d’hommes. Nous nous apercevons que les femmes et hommes voyagent séparément dans le métro (à quelques exceptions près), le wagon de tête de chaque rame étant réservé aux femmes pour leur sécurité. Les wagons communiquent entre eux mais les indiens semblent pour une fois respecter les règles et ne se rendent pas chez les femmes sous peine d’amende.

Un changement de ligne et nous reprenons un autre métro. Pour trouver la bonne sortie, c’est une vraie galère. Il n’y a pas de plans des sorties comme à Paris. Nous trouvons juste des panneaux avec des noms de rue ou lieux, sans savoir où ils se situent. Nous demandons à un point d’information, et nous dirigeons vers cette sortie en faisant confiance.

Il y a énormément de monde dans le hall de cette station. Des centaines de personnes forment de longues files d’attente en plein milieu du hall. C’est une station très empruntée et ces gens font visiblement la queue pour passer les contrôles. Nous nous dirigeons à travers de longs couloirs vers la sortie indiquée, et une fois dehors, nous nous rendons compte que nous sommes à l’opposé de là où devons aller. Il va falloir contourner une immense gare de trains.

Epuisés, nous demandons à des rickshaws de nous emmener à notre hôtel, le Cozy Inn. Tous les chauffeurs présents nous proposent des tarifs hallucinants, alors qu’il n’y a même pas 500 mètres à faire. Ras-le-bol de se faire avoir en permanence, nous continuons à pied. Le plus court chemin est de traverser la gare par une passerelle au-dessus des voies, mais one peut théoriquement pas paser sans billet de train. Après discussion, nous passons un point contrôle de bagages et nous nous faisons fouiller. De l’autre côté de la gare, nous traversons le quartier touristique, Main Bazar, et nous arrivons à l’hôtel.

C’est dans quelques jours la fête nationale, Republic Day (le jour anniversaire de la fondation de la République), et nous avons donc réservé bien à l’avance notre hôtel. Pas de plan foireux, ils ont bien pris en compte notre réservation. Lors de nos échanges par email avec le gérant, nous avions demandé si il leur était possible de réserver des places pour la parade du jour de la république, le 26 janvier (l’équivalent de notre défilé du 14 juillet). Ils nous avaient répondu qu’ils enverraient quelqu’un pour acheter 2 places. A notre arrivée à l’hôtel,  demandons au réceptionniste s’ils ont nos places, il ne sait pas, n’est pas au courant, il passe plusieurs coup de fil au gérant qui ne répond pas, puis nous propose de nous rendre à son bureau situé plus loin. Trop galère, ils n’ont à coup sûr rien fait du tout, nous laissons tomber et partons visiter Delhi.

Nous nous dirigeons d’abord vers le Fort Rouge, car il doit fermer 2 ou 3 jours avant le défilé du 26 janvier, comme vaguement indiqué dans le Routard. Nous sommes le 23, c’est aujourd’hui ou jamais.

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Nous arrivons devant le Fort, l’accès est bloqué par des barrières. C’est fermé. Dommage, nous ne visiterons jamais le Fort Rouge, l’un des plus beaux monuments de Delhi, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous aurons déjà quitté Delhi quand il rouvrira ses portes.

A proximité du Fort se trouve un guichet pour la parade, enfin une bonne nouvelle. Nous nous y rendons pour acheter nos places. Au guichet, on nous annonce que les places les plus chères se sont toutes vendues le matin même à l’ouverture de la vente, et qu’il ne reste que des places à 10 roupies, assises mais en placement libre. Ils vendent plus de places qu’il n’y a des chaises, donc premier arrivé, premier servi. On nous explique qu’il faut y être à 7hà l’ouverture des portes pour avoir des places, puis patienter jusqu’à 10h que le défilé commence. Bon, ça s’annonce mal, mais pour 10 roupies, nous n’avons pas grand-chose à perdre. Nous sommes venus exprès à Delhi à cette période pour voir le défilé, et avons pris le risque de ne pas voir le Fort Rouge, donc nous alons nous donner les moyens d’y arriver.

Il est 16h et nous n’avons pas mangé. Nous voyons un McDo, et même si nous avons déjà testé il y a quelques jours, nous décidons d’y retourner car nous pourrons vite manger et continuer les visites. Je prends un Filet-of-fish, et Sylvain reprend un Chicken Maharaja Mac. Nous nous installons derrière la baie vitrée donnant sur la rue. A 4 mètres devant nous, sur le trottoir, un homme en train de se faire curer les oreilles par un autre homme avec une sorte d’aiguille à tricoter de 20cm long. Spectacle pas très ragoutant en plein repas, nous sommes morts de rire en voyant les mimiques et grimaces du cureur d’oreille.

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A Mumbai, lors de notre tout premier jour, nous marchions sur le trottoir et Sylvain s’est fait aborder par un indien qui nous poursuivait. Il l’avait alerté sur quelque chose qu’il avait à l’oreille (une mouche ? une guêpe ?). Lui tirant l’oreille à lui faire mal, il avait alors annoncé qu’il avait les oreilles sales et s’était proposé de les nettoyer. Il nous avait dit que c’était son travail. Nous l’avions pris pour un fou.

Là, devant le McDo, nous avons tout de suite compris que c’était vrai. Il existe en Inde des gens qui gagnent leur vie en lavant les oreilles des autres. Il y a d’autres petits boulots insolites, comme poser une pèse-personne sur le trottoir et faire payer le service de se peser. Mais laver les oreilles, c’est quand même la classe.

Après notre Mc Do, nous partons visiter, à côté du Fort, la grande mosquée Jama Masjid. L’entrée est gratuite, mais il faut payer 300 roupies pour prendre des photos. Nous ne prendrons des photos qu’avec un seul appareil, celui de Sylvain, et rangeons le mien dans le sac à dos. Les contrôleurs à l’entrée, agressifs, n’acceptent pas, et nous demandent payer pour les 2 appareils. Bien sûr, y’a écrit pigeon sur notre front… Nous râlons et ils nous demandent de dégager. Nous n’en revenons pas, bel accueil. Nous nous éloignons, et finalement, reviennent vers nous et acceptent que l’on ne paye qu’un seul appareil photo.

Depuis le début du voyage, nous n’arrêtons pas de nous faire arnaquer à tout va. Souvent, on nous demande le double ou triple du tarif des locaux lors des trajets en bus. Les rickshaws annoncent toujours des tarifs exorbitants. Pour les visites, les guichets « oublient » systématiquement de rendre la monnaie, et font en sorte que nous oublions de la réclamer en orientant la discussion sur la localisation de l’audioguide, la consigne ou les toilettes. Lorsque l’on s’en rend compte et réclame, on ne nous rend pas l’intégralité, dès fois que ça passe inaperçu… Trop d’arnaques !! Nous avons appris à nous méfier de tout et à ne rien laisser passer.

Et c’est sans compter les indiens qui nous prennent en photo sans rien demander, en nous mettant leur téléphone portable sous le nez, ou encore ceux,  mieux élevés, qui nous demandent une photo, mais insistent lourdement lorsque l’on refuse. Bref, nous arrivons à saturation. Nous ne supportons plus le comportement des indiens, et laissons rien passer.

Nous rentrons donc dans la mosquée. Nous devons couvrir nos têtes. La mosquée Jama Masjid a été édifiée en 1650 sur une élévation rocheuse. C’est la plus grande mosquée que nous ayons vu jusqu’à présent. C’est paraît-il la plus grande d’Inde, et peut accueillir 25 000 fidèles. Nous pénétrons par une très belle porte, massive. C’est par cette porte que la famille royale entrait à l’époque moghole. Nous arrivons dans une très grande cour entourée de galeries. Face à nous, la salle de prière est surmontée de 3 dômes de marbre blanc strié de noir.

P1170732_DSC4051_DSC4053_DSC4054_DSC4064    _DSC4071En sortant, nous partons nous promener dans un bazar (marché), le Chandni Chowk, au pied de la mosquée. Nous passons à travers de petites ruelles animées. Chaque quartier a sa spécialité : la vente de bijoux (en argent), vêtements, accessoires de confection, électronique, perles.

_DSC4122Au retour, nous nous arrêtons devant un complexe religieux, de couleur rouge, aux dômes luisants. Il s’agit d’une communauté sikh, le Gurudwara Sis Ganj. Les sikhs se couvrent la tête d’un turban de couleur unie (pas toujours la même). Ils portent une grosse et longue barbe. Ils sont assez reconnaissables.

Pendant que nous observons la façade l‘édifice, un sikh se présente à nous et nous propose de le suivre.

_DSC4099Il travaille dans les bureaux de la communauté. Pour entrer dans le bâtiment, nous enlevons nos chaussures et chaussettes, et notre accompagnateur les met à l’abri dans son bureau juste à côté. Il nous remet une brochure en français et se propose de nous faire la visite gratuitement.

L’endroit est en permanence en activité. Il n’y a pas qu’un temple mais d’autres bâtiments. Il  nous fait visiter les cuisines communautaires. Une pièce est dédiée à la réalisation d’une pâte qu’ils distribuent pendant l’office. C’est un mélange de beurre clarifié, sucre et farine, cuit dans de grosses marmites. Plus loin, c’est la partie où ils cuisinent pour les fidèles. Une vingtaine de bénévoles de la communauté font des chapatis à la main, d’autres utilisent une grosse machine à chapatis, d’autres encore les font cuire sur une grande plaque de fonte. De la soupe aux lentilles, du dal, mijote dans de grandes marmites. A côté des cuisines se trouve une grande salle couverte de tapis, le Langor Hall, où mangent 30 000 personnes par jour. Les sikhs offrent le repas à toute personne se présentant, quelle que soit sa religion. En échange, les gens font des dons. Plus loin, on trouve une pièce où les sikhs gardent les chaussures des fidèles et les cirent gratuitement, ou encore un grand parking et une auberge pour accueillir les visiteurs.

_DSC4108_DSC4106_DSC4118Nous pénétrons dans le temple toujours accompagné de notre guide. L’office est filmé et diffusé sur une chaine du câble. Au centre du temple trône le guru de la communauté, qui récite des textes religieux chantés. Tous les fidèles sont tournés vers lui. Derrière le guru, une sorte de crypte renferme le corps d’un ancien guru, qui au XVIIème siècle, a sacrifié sa vie, et a sauvé sa communauté de la menace des moghols musulmans.

_DSC4113_DSC4114En sortant du temple, comme tous les fidèles, nous goûtons la pâte grasse et sucrée dont nous avions vu la préparation en cuisine. On nous donne dans la main droite un boulette, telle une hostie.

Nous rentrons à l’hôtel en métro et dinons dans le quartier touristique, au resto Tadka.

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2ème jour, le 24 janvier : visite « du New Delhi », Qutub Minar, Humayun’s Tomb et Nizam-ud-Din

Nous partons ce matin visiter le « New Delhi ». Nous commençons par le « Qutub Minar ». Ce site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.  Il s’agit d’une grande tour haute de 72 mètres, avec un diamètre de 14 mètres à la base et de 2,50 mètres au sommet. Elle fut édifiée par les musulmans en 1199 comme une tour de victoire qui servait également de minaret à la mosquée adjacente «Quwwat-ul-Islam » qui signifie « De la puissance de l’Islam ». La tour possède 3 étages différents, bâtis à des époques différentes. Tout autour sont gravés des sourates du Coran.

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_DSC4133Le site est entouré de ruines de mosquées et autres minarets, chacun des empereurs moghols successifs ayant voulu laisser son empreinte. Plus loin, l’Alai Minar, minaret encore plus monumental, resta inachevé après la mort de son commanditaire. Seule la base est visible. Il aurait été bien plus haut que le Qutub Minar.

_DSC4144_DSC4149P1170766_DSC4151P1170772P1170779_DSC4162_DSC4175P1170787P1170791P1170793

Nous reprenons le métro et partons manger dans le quartier musulman de Nizam-ud-Din, proche du lieu de notre prochaine visite. Nous mangeons dans un petit resto typique, et en profitons pour mettre entre parenthèses notre régime végétarien : seekh kebab de mouton et poulet (brochette de viande hachée), extrêmement épicés.

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Nous continuons notre visite à « Humayun’s Tomb », site inscrit aussi au patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit du tombeau de l’empereur moghol Humayun, érigé en 1565 par sa veuve. Ce tombeau ressemble aux mausolées persans. Au centre, il y a un porche monumental et profond (l’iwan principal) entouré de 2 iwans secondaires. Tout est fait de grès rouge et de marbre blanc. Certains disent que ce tombeau a servi de modèle à la construction du Taj Mahal. Ce site est magnifique, et nous avons hâte de découvrir le Taj Mahal.

P1170795P1170801P1170804_DSC4209P1170811_DSC4223_DSC4228Nous finissons la journée en nous promenant dans le quartier de Nizam-ud-Din. Au fond d’un dédale de ruelles se trouve la Dargah, lieu de prières. Moins pénible qu’à Ajmer, nous pouvons y prendre des photos. C’est l’heure de la prière, il y a vraiment beaucoup de monde, et l’ambiance est un peu oppressante. Nous ne restons pas longtemps, juste ce qu’il faut pour sentir la ferveur religieuse et découvrir les quelques monuments.

_DSC4244_DSC4231Nous rentrons à l’hôtel et partons manger dans un resto tibétain, l’Everest Kitchen. Le menu est en fait plutôt indien et occidental, avec seulement 2 ou 3 spécialités tibétaines. Notre choix se porte finalement sur des crêpes salées, pas mauvaises du tout, mais pas très tibétaines !

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3ème jour, le 25 janvier : journée loose.

Nous partons nous promener sur l’avenue Raj Path, les Champs Elysées de Delhi. L’avenue est malheureusement fermée car ils installent les gradins et chaises pour le défilé du lendemain. Nous pouvons tout de même rejoindre la fin de l’avenue où se situe les bâtiments officiels : le Secretariat (occupé par deux ministères), le Parliament House,  et enfin le Rashtrapati Bhavan (résidence du Président).

_DSC4258_DSC4260P1170822_DSC4268_DSC4270_DSC4274_DSC4275P1170828Nous nous dirigeons vers le National Museum. A notre arrivée, les gardiens nous annonce qu’il ferme à 13h sur ordre des autorités car c’est la veille du « Republic Day ». Il nous reste à peine une heure pour visiter. Nous n’aurons que le temps de visiter le rez-de-chaussée, qui contient les plus belles œuvres.

_DSC4281La première galerie sur la préhistoire présente la civilisation Harappan. Des objets en terre cuite sont exposés (figurines, plats, bols, jarres). Une autre galerie présente des statues de pierre et de bronze de divinités hindoues.  Une autre salle encore est consacrée à l’art bouddhique et possède  des reliques de Bouda enfermé dans un magnifique reliquaire en or. Nous sommes surpris de voir des reliques sacrées exposées dans un musée. Il nous reste tout juste assez de temps pour visiter la galerie des miniatures mogholes.

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20130125_12460820130125_125124_DSC4279Après cette visite, nous avons l’après-midi devant nous. Nous nous dirigeons vers le Gandhi Smriti Museum. Nous marchons un bon moment dans les quartiers les plus chics de Delhi, le long de rues calmes plantées de grands arbres et de pelouse bien verte. C’est presque propre ! Les maisons de riches personnalités se trouvent toutes dans ce quartier. C’est ici que vécut Gandhi, durant les 144 derniers jours précédant son assassinat le 30 janvier 1948. Malheureusement, à notre arrivée, le site est encore une fois fermé (pour une raison pas bien claire, une fête musulmane…). Les gardiens nous suggèrent d’aller visiter plus loin un autre musée consacré à Indira Gandhi. Ce n’est qu’en arrivant, après une longue marche, que nous réalisons que cela n’a rien à voir avec le Gandhi qui nous intéresse. Indira Gandhi n’a aucun lien avec  Mahatma Gandhi. C’est une femme politicienne qui a été ministre. Comble du hasard (ou malédiction), elle s’est fait assassinée dans le même quartier, dans sa maison devenu musée. Nous ne sommes pas vraiment intéressés par ce musée, nous repartons dépités vers le métro.

Il est tard, nous n’avons pas encore mangé. Nous partons trouver un resto vers Connaught Place, une grande place circulaire, ressemblant à un gros rond-point, d’où partent 10 grandes avenues. Nous  allons au Saravana Bhavan, un restaurant très populaire auprès des locaux.  Nous faisons la queue à l’extérieur pendant 15 min pour avoir une table. Nous commandons 2 fixed thalis et on nous sert 2 énormes assiettes décorées de feuilles de banane, contenant différentes spécialités, accompagnées d’une gigantesque portion de riz. Nous nous cassons vraiment le bide, ça valait le coup de faire la queue.

_DSC4284_DSC4282_DSC4283Dans le même quartier se trouve la banque de Sylvain, HSBC. C’est une banque internationale, il ne paye pas de frais sur les retraits dans les agences du groupe donc nous en profitons pour récupérer du cash. Des gardiens devant l’entrée de l’immeuble nous bloque l’accès. On nous explique que l’agence est fermée, toujours à cause du défilé du lendemain, sur ordre des autorités. Nous ne souhaitons pourtant pas aller dans l’agence mais juste au distributeur à l’extérieur. Rien à faire, on ne laisse pas passer. En râlant de longues minutes, en disant que nous ne sommes que des touristes, que c’est une urgence, ils finissent par accepter que Sylvain se rende au distributeur en se faisant accompagner, et sans son sac. Toute une aventure…

Nous terminons cette journée en nous rendant en rickshaw à l’India Gate, une sorte d’arc de triomphe situé de l’autre côté de Raj Path. Encore une fois, l’accès n’est pas permis car c’est le point de départ du défilé. Des troupes et véhicules militaires y sont stationnés. Nous verrons l’India Gate de loin.

_DSC4286 _DSC4287 _DSC4290_DSC4292Sur le chemin du retour à l’hôtel, nous passons devant une boutique de musique, et trouvons le CD de nos rêves, la BO de Dabangg 2 !

Nous dinons dans un tout petit resto très bas de plafond, le Sonu, qui propose au menu des spécialités du Sud de l’Inde. Nous mangeons des dosa, de grandes galettes à la farine de pois chiche, garnie d’un curry de pommes de terre et légumes (masala), et accompagné d’une soupe. Très bon !

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4ème jour, le 26 janvier : Republic Day Parade sur le Raj Path.

C’est le grand jour, le jour du défilé pour l’anniversaire de la proclamation de la république.

Ce matin, nous nous levons très tôt, à 5h30. Le temps de nous préparer, nous partons à 6h. Il n’y a pas de rickshaw présents dans la rue, ça commence mal. Nous marchons jusqu’au métro, lieu où ils se rassemblent (la veille au soir, il y en avait des dizaines) mais rien non plus. Toutes les stations de métro proche du lieu du défilé sont fermées, ce moyen de transport est donc exclu. Sylvain essaie d’arrêter tous ceux que nous voyons passer mais ils nous répondent tous que les routes sont fermées et refusent la course. Finalement, après plusieurs échecs, un rickshaw accepte de nous prendre mais après 1 km, s’arrête et nous dépose à un barrage de police. Les routes sont effectivement fermées.

Nous n’avons pas d’autre choix que de terminer à pied, sans savoir si nous sommes loin. Nous ne savons pas trop où il faut aller et nous demandons notre chemin à chaque carrefour. Proche de l’avenue Raj Path, un barrage de police nous empêche d’aller plus loin. Il est 7h et dans quelques minutes, ils vont ouvrir l’accès. Il y a foule, les gens s’amassent dans un file plus ou moins ordonnée. Sylvain demande à la police si cet accès permet de rejoindre le bloc dans lequel nous avons à nos places. Le policier confirme et nous fait passer en priorité devant la longue queue d’indiens, privilège de touriste. Nous serons les premiers à passer lorsqu’ils ouvriront les barrières.

Quelques minutes plus tard, ils ouvrent, et tout le monde se met à courir vers les postes de contrôle et de fouille. Nous trouvons sans trop de difficulté notre bloc. Nous arrivons les mains dans les poches, sans sac, car la liste des interdictions indiquée sur le billet est sans équivoque : pas d’appareil photo, pas de téléphone, pas de clé de voiture, pas de jumelles, pas de sac, pas de nourriture, pas de radio, pas de dictaphone, pas d’agenda électronique, pas d’arme et de munition, pas d’allumette, pas de briquet, pas de thermos, pas de bouteille d’eau, pas de couteau, pas de rasoir, ciseau, tournevis, lame, etc… Le guichet de vente des billets nous avait prévenus, et nous avons donc bien fait attention. Nous n’avons rien d’interdit sur nous, les seuls choses que nous n’avons pas laissé à l’hôtel sont nos lunettes de soleil, une casquette pour Sophie car le soleil va taper fort, et un bonnet pour Sylvain car ça caille bien ce matin.

Nous passons les portiques détecteurs de métaux, puis les hommes et femmes sont séparés, chacun est fouillé de son côté. Pour Sophie, pas de problème. Pour Sylvain, son bonnet ne va pas, il est de couleur noir, et nouvelle interdiction surprise,  il ne faut pas porter de chapeau noir. Au passage, le policier trouve que finalement la casquette de Sophie ne va pas, car elle est bleue marine. Impossible de rentrer avec, même en négociant. Il faut les laisser dans un grand carton contenant tous les objets interdits des Indiens. Sylvain râle, mais pas moyen. Nous n’allons jamais retrouver nos affaires à la sortie,  donc nous acceptons de laisser nos affaires à la condition qu’ils nous les gardent à l’abris dans un coin, et pas avec toutes les autres affaires. Ils nous disent qu’ils vont faire attention, ils promettent. Nous faisons confiance, de toute façon pas vraiment le choix.

Nous partons nous installer. Nous ne sommes pas les premiers, mais nous nous asseyons sur des chaises en plastique au 2ème rang, derrière la barrière. C’est parfait. Nous pensions avoir les plus mauvaises places, celles à 10 roupies. En fait non, nous sommes très bien placés. Comme au cinéma, les meilleures places sont derrière, les pires, devant. Raisonnement curieux, mais qui nous va bien. Il est un peu plus de 7h, il fait vraiment très froid, et nos chaises sont mouillées par la rosée. Il nous faut attendre jusqu’à 10h, heure du défilé.

Les gens arrivent et s’installent doucement. A l’arrière de nos billets, il est écrit qu’on n’a plus de droit de bouger de nos chaises à partir de 9h30, et que l’on doit rester assis jusqu’au départ des officiels à la fin du défilé… en théorie

En pratique, personne ne respecte cette interdiction. A partir de 9h30, ça commence à être un n’importe quoi. Toutes les places assises sont occupées. Les Indiens se rendent compte qu’ils vont être derrière et ne rien voir. Alors ils déplacent leur chaise de l’arrière vers l’avant, se plaçant dans le couloir d’évacuation, qui rétrécit à vue d’œil. La police laisse faire. Des enfants commencent à s’installer sur  la bande de pelouse devant le 1er rang de chaises. Puis des adultes débarquent, en prétextant que leur enfant est tout seul devant. La police tente de gérer au début, refuse parfois, puis démissionnaires, se laisse déborder. La pelouse se remplit en quelques minutes. Ceux qui se sont vu refuser l’accès reviennent, c’est la foire. Nous sommes relativement inquiets car nous redoutons des mouvements de foule, qui, en Inde, se terminent généralement en bain de sang avec des centaines de mort.

10h, le défilé commence, et le va et vient se calme. Le président d’Inde, et son invité d’honneur le roi du Bhutan, arrivent dans de grosses limousines avec leurs escortes. Puis, 3 hélicoptères nous survole  en déversant une pluie de pétales de fleurs. Magnifique. Suit la cavalerie, ensuite des véhicules de l’armée (lanceur de missiles BrahMos, lance-roquettes), des ponts-mobile sur camion, des systèmes de communication, suivis de chars MBT Arjun.

RepublicDay-Parade-2013-008Ensuite, un nouveau survol d’hélicoptères. Puis c’est le défilé des contingents d’infanterie (avec des régiments spéciaux de sikhs coiffés de leur turban), des scouts du Ladakh (région himalayenne, les soldats ont le visage typé tibétain). De nombreuses fanfares accompagnent chaque régiment.

RepublicDay-Parade-2013-011RepublicDay-Parade-2013-007RepublicDay-Parade-2013-001Il y a aussi des maquettes de bateaux et d’avions, tractées par des camions, qu’ils appellent des « tableaux ».

Encore d’autres véhicules dont le très impressionnant missile nucléaire Agni V, immense, sur sa remorque, pour la démonstration de force vis-à-vis du voisin Pakistanais.

File photo of surface-to-surface Agni V missile displayed during the Republic Day parade in New DelhiRepublicDay-Parade-2013-016Des anciens combattants défilent, suivis des forces civiles et paramilitaires, en particulier un régiment à dos de chameaux, joliment parés, et sa fanfare toujours à dos de chameaux.

BSF Republic Day Parade at India Gate DelhiPar la suite, chaque état du pays présente un char décoré représentatif de sa région, façon carnaval.

271201318464272La foule se lève, des acrobates à moto, les Tornados, arrivent et présentent des figures, jusqu’à une dizaine sur une même moto. Enfin, c’est un survol d’avions de chasse, notamment un F16 de fabrication américaine, qui réalise quelques figures de voltige.

RepublicDay-Parade-2013-026RepublicDay-Parade-2013-003Le défilé est clôturé avec l’hymne national (tout le monde s’arrête de bouger) et un lâcher de ballons.

En ressortant, nous passons au poste de fouille reprendre nos affaires. Bizarrement (!), ils ne savent pas où sont passées notre casquette et notre bonnet. La police explique que 2 femmes sont venues prendre les sacs et sont parties avec. Nous nous énervons, mais rien n’y fait, ils prétextent que ce sont peut-être des voleurs, ou encore que nous n’avions rien laissé, qu’ils ne sont pas au courant, qu’ils ne parlent pas anglais… Du grand n’importe quoi. Merci la police !.

Nous rentrons énervés à l’hôtel, à pied, guidé par des jeunes qui rejoignent la station de métro proche du Main Bazar. Nous déjeunons dans le petit resto de la veille et partons à la gare direction Agra, la ville du célèbre Taj Mahal.

Après 188km de train, nous arrivons à la gare d’Agra vers 19h. Comme nous avons réservé notre hôtel 2 jours auparavant, ils ont envoyé un rickshaw nous chercher, et le chauffeur nous attend avec une pancarte à notre nom.

En effet, les hôtels préfèrent envoyer un rickshaw gratuitement à la gare plutôt que de payer des commissions aux chauffeurs de rickshaw lorsque les touristes viennent par leurs propres moyens. En échange, les rickshaw des hôtels essaient toujours avec insistance de nous vendre un tour à la journée pour le lendemain. C’est forcément toujours très cher et pas rentable.

Comme à chaque fois, nous refusons, et notre rickshaw nous sort un plan de la ville avec les différents monuments à visiter à Agra. Il y a des encadrés à côté avec la photo des monuments et les distances. Tel monument à visiter est à 11 km, c’est très loin, il faut absolument prendre son rickshaw. Même le Taj Mahal, juste derrière l’hôtel est à 8km sur son plan bidon ! Marre des arnaques !! C’est un NON catégorique, nous ne prenons son rickshaw, et partons vers notre chambre, le laissant derrière nous à la réception. Dans le couloir, il nous lance : « A quelle heure je viens vous chercher ? 10h c’est une bonne heure.» On savait que la ville la plus touristique du pays serait à la hauteur de sa mauvaise réputation. Ça commence bien.

Nous partons manger sur le toit de l’hôtel. De là, nous devrions avoir une très belle vue sur le Taj Mahal, c’est pour cela que nous avons choisi cet hôtel. Quelle déception, nous ne voyons rien ! Le Taj Mahal n’est pas éclairé de nuit. Nous devrons attendre le lendemain pour enfin découvrir le joyau du pays.

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