The blue city, Jodhpur

1er jour, le 10 janvier : Clock Tower et Sardar Bazar

Le bus direction Jodhpur s’arrête juste devant notre hôtel, contrairement à ce qu’indique les guides, nous n’avons ainsi pas besoin de trainer notre valise sur 1km jusqu’à l’entrée du temple.

Nous partons assez tard car ce qui devait arriver arriva : nous avons été malade une bonne partie de la nuit.

C’est notre premier trajet en bus, durée 4 heures. Le bus est un deluxe assez confortable, nous en croisons des biens plus pourris en route. Nous avons quand même l’impression que la poussière rentre à l’intérieur pendant tout le trajet.Nous nous installons à l’hôtel, le Sarvar Paying Guesthouse (700 Rp), avec une magnifique vue sur la forteresse de Jodphur.

Puis nous partons à la découverte de la vieille ville, passons au pied de la Clock Tower (datant de 1910), et nous perdons dans les petites rues du Sardar Bazar. C’est un marché avec des boutiques spécialisées en épices, vendeurs de sac, de patchwork, tissus, trompettes, fruits. Nous faisons un peu de shopping dans une première  boutique de patchwork, nous y achetons un beau chemin de table. Plus loin, un autre vendeur nous propose des housses de coussin façon patchwork sur-mesure.

La ville est vraiment très bruyante et poussiéreuse. Au loin, la pollution et la poussière forme un brouillard gris, épais et sale. La gore nous pique. Les locaux se promènent parfois avec un bandana sur le nez et la bouche, certains touristes portent aussi des masques. Nous empressons de nous éloigner des artères les plus encombrées pour rejoindre la vieille ville et ses petites rues.

Le soir, nous dinons dans le restaurant de l’hôtel, un « roof-top restaurant » comme dans tous les hôtels du coin, avec sa terrasse au dernier étage du bâtiment, offrant une vue sur la citadelle.

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2ème jour , le 11 janvier : les villages Vishnoïs

Nous avons réservé un tour avec une agence pour visiter des villages alentours, dit villages vishnoïs. Rendez-vous est pris à 8h.

Nous partons avec un chauffeur dans la campagne à bord d’un 4×4, copie des Jeeps militaires américaines. Pas de porte ni fenêtre au véhicule, et il fait plutôt froid (15°C), nous serrons les dents jusqu’à notre première destination.

Nous commençons par la visite d’un atelier familial de poteries, dans un village musulman. Un jeune homme nous fait une démonstration. C’est impressionnant ce qu’il fait avec peu de moyen. Le tour de potier est une pierre en forme de galette pesant 100 kilos tournant comme une toupie en équilibre  sur une pointe. Le geste pour lancer et accélérer le tour est extrêmement technique. Il faut viser une encoche avec un bâton pour redonner de la vitesse. L’inertie de la pierre une fois lancée donne tout le temps nécessaire au potier pour créer ses pots. Il nous montre aussi son four où il cuit les poteries.

Le « village » suivant nous entraine dans une ferme vishnoï. Les vishnoïs sont une communauté hindoue ancienne qui respecte 29 principes ou règles de vie dont les principales sont d’être végétarien, de ne pas couper d’arbre et de ne pas tuer d’animaux. Des écolos avant l’heure. Nous sommes accueillis par le chef de famille. Il porte un turban blanc sur la tête, symbole de respect. Il nous montre comment le réaliser et nous le fait porter. Puis assistons à la cérémonie de l’opium, consommé traditionnellement par cette communauté. Il nous montre de l’opium séché qui a été mélangé auparavant avec du sucre (ils la coupent), puis il le mélange dans de l’eau et l’écrase avec un pilon, le filtre dans un instrument ancestral et le boit. Il en boit depuis près de 40 ans et est devenu accro. La consommation d’opium par les vishnoïs est tolérée puisque c’est une tradition, mais la revente est interdite. Nous n’y gouterons donc pas. Nous visitons ensuite la ferme avec la fille du chef. Le combustible utilisé pour faire le feu et la cuisine est la bouse de vache séchée.

Le « village » suivant est une coopérative de tisseurs de tapis. Le métier à tisser est extrêmement sommaire. Les tapis sont réalisés en coton principalement, et laine de chameau,  avec de jolis motifs traditionnels.

Pour rejoindre la dernière étape du tour, nous traversons la campagne. Nous apercevons des paons sauvages, oiseau emblème du pays. Plus loin, une antilope est couchée sous un arbre, à peine visibe car vraiment éloignée de nous. Nous arrivons enfin à un lac, où l’on peut en général apercevoir des antilopes car c’est l’un des rares points d’eau du coin. Pas de succès pour nous, un berger s’est installé avec son troupeau et a du faire fuir les animaux sauvages.

Le dernier arrêt est un atelier de couture / boutique attrape-touristes. Nous y voyons des hommes coudre des nappes, des dessus de lit, des housses de couette…

Retour en ville. Le chauffeur nous dépose dans une agence HSBC pour y retirer de l’argent car Sylvain à une carte de crédit dans cette banque. Nous retirons une première fois au distributeur. Le distributeur limite les retraits maximum à 10 000 Rp, l’équivalent de 140€. Pas de quoi tenir bien longtemps, le coût de la vie étant de 20 à 25 euros par jour par personne. Nous tentons donc un second retrait. Sans succès. Nous demandons donc à retirer au guichet. Le numéro 2 de l’agence nous entraine dans son bureau (prénommé Ashish, ça ne s’invente pas) et nous explique comment obtenir plus de cash. Il nous faut demander retrait d’urgence par téléphone à HSBC France, seul moyen de contourner les distributeurs. Nous appelons depuis son bureau le « call center » HSBC France qui nous explique la marche à suivre pour un « emergency cash ». L’opérateur au téléphone précise que c’est gratuit car Sylvain est client Advance (avec certaines options incluses). C’est OK, nous lançons lance la démarche, plutôt compliquée car c’est normalement fait pour les gens qui se sont fait voler ou ont perdu leur carte. Après de nombreuses minutes d’attente, l’agence indienne reçoit un e-mail de confirmation de la France… tout roule. Au moment de signer le reçu, ce cher Ashish nous annonce un coût de 20 dollars, pour en récupérer 530. Pas rentable l’affaire, car les retraits au distributeur sont gratuits. Retour à la case départ, nous souhaitons annuler la démarche. Il nous faut rappeler HSBC France. De longues minutes s’écoulent. Les agences françaises et indiennes ne sont pas d’accord. Les indiens doivent vérifier, les français aussi. Est-ce gratuit ou non ? C’est interminable.

Pendant ce temps-là, les employés de l’agence s’activent derrière nous dans le hall. Ashish nous annonce qu’ils sont sur le point de recevoir la visite du n°1 HSBC Inde. Il sera invité dans le palais du maharaja. C’est la panique derrière nous, ils sortent le tapis rouge, les fleurs, les gants blancs. Toutes les 3 minutes quelqu’un entre dans le bureau car il ne manque plus que Ashish.

Lui est au téléphone avec HSBC France. Son téléphone portable sonne, le n°1 est là. Il se lève, nous tend le téléphone, s’échappe, nous devons nous débrouiller sans lui.

Le big boss débarque, on lui offre un collier de fleurs autour du cou, un photographe est là, le flash crépite… Et Sylvain écoute la lettre à Elise, la musique d’attente du « call center ».

La visite du big boss dure quelques minutes, puis Ashish revient et reprend le téléphone, comme si de rien n’était.

Conclusion de l’affaire, les indiens ont tort, on récupère nos 530 dollars en roupies, sans frais. Nous avons assez de cash pour les 2 prochaines semaines. L’anecdote aura quand même duré plus de 2 heures. Et Ashish n’est pas même rancunier, nous lui avons juste foiré le jour le plus important de sa carrière.

Nous partons enfin déjeuner. Un rickshaw nous dépose au restaurant Priya, au coin du carrefour le plus bruyant de la ville. C’est un restaurant pour les locaux, peu de touristes à l’horizon. Nous y mangeons un très bon thali, l’équivalent du menu du jour (ensemble de plats et de sauce dans un grand plateau, avec du riz et des galettes (chapati)).

Nous terminons l’après-midi avec la visite de Mandore. Nous prenons un bus local bondé pour rejoindre Mandore, situé à 9 km de Jodhpur. Au VIème siècle, c’était l’ancienne capitale. Il y a un jardin avec des cénotaphes de maharajas en grès rouge (tombes, sans corps enterrés car les hindous pratiquent la crémation). De nombreux singes nous accompagnent.  Derrière le jardin, il y a le site Mandore Panchkunda qui regroupe un ensemble de 64 cénotaphes des femmes des maharajas.

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3ème jour, le 12 janvier : la forteresse de Mehrangarh

Ce matin, nous visitons la forteresse de Mehrangarh. Elle a été édifiée en 1459 par le fondateur de Jodhpur, le rao Jodha, qui donne son nom à la ville. Elle est très imposante et s’élève à plus de 135 mètres au-dessus de la cité, d’une largeur de 250 mètres, et s’étend sur 1,5 km. Tout a été réalisé en calcaire ocre, avec parfois des nuances roses. Les maharajas vécurent ici jusqu’au début du XXème siècle.

Nous atteignons la porte d’entrée entourée de belles peintures murales,  copies des miniatures de la collection du musée. Au guichet, un couple de coréens nous précède. C’est impressionnant le nombre de touristes coréens qu’il y a en Inde. Jusqu’aux restaurants servant de la cuisine coréenne. Le guichetier leur explique le fonctionnement de l’audioguide, en mélangeant anglais et coréen. A la fin de l’explication, un petit « Gangnam Style » ponctue la dernière phrase et son collègue se met à mimer la célèbre chorégraphie. Nous sommes morts de rire, le couple de coréens beaucoup moins.

La visite du musée est très intéressante. Les collections du maharaja sont présentées au début : de magnifiques howdah (selles d’éléphants) royaux, des palanquins, des armes, des miniatures de style Marwar (un peu différentes de celles de Udaipur, de style Mewar).  Nous visitons aussi les différents palais construits successivement, chacun maharaja ayant mis sa touche personnelle. La visite se termine par le Zenana, la section réservée aux femmes du maharaja, les maharanis.

Après notre visite, nous nous arrêtons dans le café de la forteresse pour manger sur le pouce quelques beignets indiens. Nous commandons un peu au hasard des samosa, un kachori, et un vada pao, en prenant soin de demander au serveur ceux qui ne sont pas trop pimentés.  Nous mangeons les samosa en premier. Puis j’attaque le kachori pendant que Sylvain mange le vad pao. Après quelques bouchées, ça commence à piquer sévèrement, j’ai la bouche et le palais en feu. Je termine péniblement ma moitié de beignet et le donne à Sylvain. Il pense que je suis plus sensible au piment que lui. Il s’attaque donc au kachori, confiant. Après quelques secondes, il comprend que ce beignet farci est une bombe à retardement. Il a le hoquet, son symptôme caractéristique chaque fois que c’est trop pimenté, le nez qui coule et les yeux en larmes. Il ne terminera même pas sa moitié. C’est gravé dans le marbre, nous ne mangerons plus jamais de kachori.

Nous rejoignons ensuite un temple sur une colline qui fait face à la forteresse, offrant  un beau panorama.

Retour à l’hôtel plus tard que prévu, nous avons un peu trainé. Nous récupérons nos bagages, et filons à la gare routière des bus gouvernementaux en rickshaw. Il existe en effet d’autres bus privés, plus cher. Nous choisissons l’option radin pour aller à Jaisalmer, car le trajet ne dure que 5h30. Arrivé à la gare, nous patientons en ouvrant notre Routard. Ils recommandent les bus privés, car les gouvernementaux sont des express inconfortables, pas des deluxe. Notre bus arrive, c’est effectivement pas un bus de première jeunesse. Il n’y a même pas de coffre à bagages, nous montons péniblement les bagages à bord, celui de Sylvain avec le chauffeur, posé sur la boîte de vitesse, le mien sous nos jambes. Le départ est prévu à 17h30, nous devrions donc arriver vers 23h à Jaisalmer. Nous sommes inquiets : trouverons-nous un hôtel encore ouvert à notre arrivée ? Pendant que nous patientons avant le départ, 2 jeunes touristes coréens montent à bord, nous sommes soulagés, nous ne serons pas les seuls touristes dans le bus et à l’arrivée.

Le Routard à raison, le trajet est extrêmement inconfortable. Le bus n’a pas de suspension, la route est pleine de nid de poules. Sur de longues portions, le bus vibre et rebondit. Sylvain ne peut garder la bouche fermée car ses dents claquent avec les vibrations.

Nous arrivons à Jaisalmer à l’heure prévue. A peine descendu, un homme nous saute dessus pour nous proposer son hôtel. L’hôtel est vraiment pas cher, situé en dehors de la forteresse, pas loin d’une agence recommandée par le Routard, qui organise des safaris dans le désert du Thar. Le Lonely Planet recommande en plus de rester en dehors du fort car le tourisme est en train de l’endommager gravement, du fait d’un réseau d’évacuation des eaux sous dimensionné.  Nous nous laissons donc convaincre, avec un peu d’appréhension, cet hôtel n’étant recommandé par aucun guide. Pas besoin de rickshaw, il nous emmène en voiture.  Nous nous ne ferons ni kidnapper, ni dépouiller. L’hôtel est  finalement plutôt correct. Il est même encore possible de diner sur le toit de l’hôtel, à près de minuit. Très sympas, nos hôtes nous offrent le chaï, le thé indien au lait et aux épices. Malheureusement, pas de vue sur la forteresse, qui n’est pas éclairée de nuit.

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5 thoughts on “The blue city, Jodhpur

  1. Oh, oh ne prenez pas trop de risques svp !
    Maman

  2. bon anniversaire ma grande fille
    je vois que tu fais un tres beau voyage
    nous regardons vos photos regulierement
    je te souhaite plein de bonnes choses et gros bisous
    maman

  3. Je te souhaite un joyeux anniversaire et pleins de bonnes choses à tous les deux dans votre splendide voyage autour du monde
    Jean
    Bisous

  4. Bon anniversaire !!!
    Fêtes ça bien

  5. salut les jeunes! Bon anniversaire en retard!

    Je vois que vous avez tenu jusqu’au 12 Janvier pour faire des commentaires, pas mal. Moi j’avais tenu pas tres longtemps non plus pour mon blog en Corée.

    Les photos sont magnifiques j’adore la chèvre habillée.

    Bises à tous les deux.
    Morvan

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